(gyro)carnets
"Ne vaut-il pas mieux, pour qui aime les curiosités morales, voyager en Italie qu'aux îles de la Cochinchine ou dans l'Etat de Cincinnati?" (Stendhal)
mardi 1 mai 2012
samedi 28 avril 2012
Ce que la chute de Bo Xilai nous dit de la politique chinoise
La politique chinoise, vue de l'Occident, est comme une mer des Caraïbes: la surface est presque immobile, et les lames de fond ne se meuvent qu'en profondeur. Aussi, quand une tempête se déchaîne le contraste est-il si violent.
Pour un observateur peu attentif, Bo Xilai (薄熙来) était un homme politique charismatique et influent, représentant la gauche néomaoïste, réputé pour sa lutte contre la mafia dans la grande ville de Chongqing, et surtout nanti de bonnes chances de faire partie des Neuf du Comité permanent du futur Politburo, ceux qui décideront la politique chinoise pour les dix ans à venir.
Sur ce explose un scandale d'une ampleur rarement vue depuis Tian'anmen, et Bo Xilai va du Capitole à la roche tarpéienne. Sa carrière est brisée et sa femme inculpée pour meurtre.
Pour mieux comprendre la signification de ces faits - et la marge d'incertitude reste considérable - il convient de regarder de plus près les équilibres de pouvoir au plus haut niveau, ainsi que les différentes factions qui se positionnent en cette année de succession.
Pour un observateur peu attentif, Bo Xilai (薄熙来) était un homme politique charismatique et influent, représentant la gauche néomaoïste, réputé pour sa lutte contre la mafia dans la grande ville de Chongqing, et surtout nanti de bonnes chances de faire partie des Neuf du Comité permanent du futur Politburo, ceux qui décideront la politique chinoise pour les dix ans à venir.
Sur ce explose un scandale d'une ampleur rarement vue depuis Tian'anmen, et Bo Xilai va du Capitole à la roche tarpéienne. Sa carrière est brisée et sa femme inculpée pour meurtre.
Pour mieux comprendre la signification de ces faits - et la marge d'incertitude reste considérable - il convient de regarder de plus près les équilibres de pouvoir au plus haut niveau, ainsi que les différentes factions qui se positionnent en cette année de succession.
Bo Xilai (Source: The Telegraph)
jeudi 26 avril 2012
Fresques mexicaines: la violence et la couleur
Le Mexique vient de sortir de 35 ans de porfirismo, l'équivalent mexicain de Deng Xiaoping en termes de modernisation économique rapide et de verrouillage politique total. Dans cette première moitié du XXe siècle, la nouvelle démocratie se cherche une identité.
A cette époque où Coca Cola et McDonald's ne suffisent pas à faire d'un pays une culture, le ministre des affaires culturelles, José Vasconcelos, a l'idée de commanditer des fresques monumentales à plusieurs artistes mexicains.
L'idée fait école, et on trouve à présent des fresques un peu partout, comme par exemple dans ce qui est maintenant une Ecole des Beaux-Arts: Orozco a recouvert de son trait vigoureux la coupole et les plafonds du bâtiment central.
Les quatre éléments spiralent ici vers le haut, aspirés vers le ciel.
A quelques blocs de là, sur le plafond du grand escalier de l'hôtel de ville de Guadalajara, les idéologies sont écrasées par Miguel Hidalgo, le prêtre qui initia la révolution mexicaine quand Napoléon envahit l'Espagne:
Mais l'une des plus remarquables de ces fresques fut peinte par Diego Rivera, l'ami de Frida Kalho, et se visite à Mexico. Elle met en scène, en couleurs vives, les personnages grands et obscurs qui firent l'histoire du Mexique moderne.
Tout à gauche, on devine Cortés et la Grande Inquisition. A gauche des ballons, le buste de Benito Juarez se détache de la foule: le républicain intègre qui donna le coup d'envoi à la démocratie mexicaine. Porfirio Diaz, l'autocrate qui lui succéda, est en uniforme juste à droite du ballon, et sa femme et sa fille sont les deux élégantes en robes rouge et bleue.
Au centre de la fresque, Quetzalcoatl, le dieu Serpent à plume.
A la droite du dieu, charité bien ordonnée, Diego Rivera s'est représenté en jeune garçon. La femme en rouge qui lui tend un symbole de Yin et Yang, c'est Frida Kalho.
Un peu plus à droite, une femme locale vêtue de jaune vif provoque un policier, tandis qu'en toile de fond, un homme en ballon préfigure la modernité.
Le Mexique de cette fresque passe ensuite par des années sombres. Des familles sont expulsées sans ménagement:
Un cavalier à sombrero figure le mouvement Zapatiste, qui se réclame du révolutionnaire Ernesto Zapata pour contester le pouvoir central. Ce mouvement est encore actif aujourd'hui, dans l'est des collines du Chiapas.
Et la fresque se termine sur un mélange d'espoir et d'échecs. Un étudiant en droit qui ricane représente la classe des profiteurs...
... tandis qu'en haut, Francisco Madero - le démocrate qui succéda à Porfirio Diaz - se détache devant le drapeau mexicain. Autour de lui, cependant, un millionnaire et des politiciens véreux conspirent.
Pour tout vous dire, on n'échappe nulle part à ces magnifiques fresques, même quand on va pisser.
A cette époque où Coca Cola et McDonald's ne suffisent pas à faire d'un pays une culture, le ministre des affaires culturelles, José Vasconcelos, a l'idée de commanditer des fresques monumentales à plusieurs artistes mexicains.
L'idée fait école, et on trouve à présent des fresques un peu partout, comme par exemple dans ce qui est maintenant une Ecole des Beaux-Arts: Orozco a recouvert de son trait vigoureux la coupole et les plafonds du bâtiment central.
Les quatre éléments spiralent ici vers le haut, aspirés vers le ciel.
A quelques blocs de là, sur le plafond du grand escalier de l'hôtel de ville de Guadalajara, les idéologies sont écrasées par Miguel Hidalgo, le prêtre qui initia la révolution mexicaine quand Napoléon envahit l'Espagne:
Mais l'une des plus remarquables de ces fresques fut peinte par Diego Rivera, l'ami de Frida Kalho, et se visite à Mexico. Elle met en scène, en couleurs vives, les personnages grands et obscurs qui firent l'histoire du Mexique moderne.
Tout à gauche, on devine Cortés et la Grande Inquisition. A gauche des ballons, le buste de Benito Juarez se détache de la foule: le républicain intègre qui donna le coup d'envoi à la démocratie mexicaine. Porfirio Diaz, l'autocrate qui lui succéda, est en uniforme juste à droite du ballon, et sa femme et sa fille sont les deux élégantes en robes rouge et bleue.
Au centre de la fresque, Quetzalcoatl, le dieu Serpent à plume.
A la droite du dieu, charité bien ordonnée, Diego Rivera s'est représenté en jeune garçon. La femme en rouge qui lui tend un symbole de Yin et Yang, c'est Frida Kalho.
Un peu plus à droite, une femme locale vêtue de jaune vif provoque un policier, tandis qu'en toile de fond, un homme en ballon préfigure la modernité.
Le Mexique de cette fresque passe ensuite par des années sombres. Des familles sont expulsées sans ménagement:
Un cavalier à sombrero figure le mouvement Zapatiste, qui se réclame du révolutionnaire Ernesto Zapata pour contester le pouvoir central. Ce mouvement est encore actif aujourd'hui, dans l'est des collines du Chiapas.
Et la fresque se termine sur un mélange d'espoir et d'échecs. Un étudiant en droit qui ricane représente la classe des profiteurs...
... tandis qu'en haut, Francisco Madero - le démocrate qui succéda à Porfirio Diaz - se détache devant le drapeau mexicain. Autour de lui, cependant, un millionnaire et des politiciens véreux conspirent.
Pour tout vous dire, on n'échappe nulle part à ces magnifiques fresques, même quand on va pisser.
mercredi 11 avril 2012
Villages ethniques du Chiapas: catholicisme à la sauce maya
San Cristobal de Las Casas, une jolie ville du Chiapas, a gardé beaucoup du charme que le Yucatan n'a plus. La province du Chiapas est cataloguée comme "plaisant aux Européens", et c'est vrai qu'on y voit une nature et des ruines Mayas aussi belles, sans devoir jouer des coudes entre les groupes de touristes.
La ville elle-même, capitale provinciale, est nichée à 2300 mètres d'altitude dans une région au relief auvergnat. De son passé colonial - elle porte le nom de son premier évêque, un dominicain - elle a gardé un damier de ruelles pavées que bordent des maisons colorées. Elle a une belle cathédrale et des musées intéressants, et on y boit un café savoureux.
La ville elle-même, capitale provinciale, est nichée à 2300 mètres d'altitude dans une région au relief auvergnat. De son passé colonial - elle porte le nom de son premier évêque, un dominicain - elle a gardé un damier de ruelles pavées que bordent des maisons colorées. Elle a une belle cathédrale et des musées intéressants, et on y boit un café savoureux.
Libellés :
Chiapas,
Mexique,
San Cristobal de Las Casa,
San Juan Chamula,
Zinacantan
jeudi 5 avril 2012
Tulum: ruines Mayas sur plage des Caraïbes
Des rapaces, aux ailes en W, planent au-dessus des ruines. Les temples eux-mêmes sont invisibles, cachés derrière les palmiers et les bananiers luxuriants. Un vent tiède souffle et trouble la mer bleu clair.
Je marche sur le sable blanc; à mes pieds les rouleaux déferlent. Le soleil disparaît, l'eau se colore.
Je bute sur une noix de coco; sous le doux crépuscule, je m'assieds au pied des ruines, face à la mer, face aux Antilles, face à la barrière de corail.
Je marche sur le sable blanc; à mes pieds les rouleaux déferlent. Le soleil disparaît, l'eau se colore.
Je bute sur une noix de coco; sous le doux crépuscule, je m'assieds au pied des ruines, face à la mer, face aux Antilles, face à la barrière de corail.
mardi 13 mars 2012
Neigéométrie
Pendant longtemps
les bourrasques de neige me battaient le visage
sur le pourtour glacé
de mon masque de ski
Tout ce temps
on n’a rien vu, ou si peu dans la brume épaisse
et tout était blanc fondu
neige ciel et brouillard
Et soudain
les nuages leur plafond a monté loin sur nos têtes
et toute la vallée s'est vue
blanche vert sombre ensoleillée
Silence
car sur la piste presque on était seuls
saisis là dans une fenêtre
de temps
Et c’était
le soleil sur les dunes de neige fraîche
qui traçait leur contour algébrique
et leurs faces bosselées
(Contamines, janvier 2012)
les bourrasques de neige me battaient le visage
sur le pourtour glacé
de mon masque de ski
Tout ce temps
on n’a rien vu, ou si peu dans la brume épaisse
et tout était blanc fondu
neige ciel et brouillard
Et soudain
les nuages leur plafond a monté loin sur nos têtes
et toute la vallée s'est vue
blanche vert sombre ensoleillée
Silence
car sur la piste presque on était seuls
saisis là dans une fenêtre
de temps
Et c’était
le soleil sur les dunes de neige fraîche
qui traçait leur contour algébrique
et leurs faces bosselées
(Contamines, janvier 2012)
vendredi 2 mars 2012
Mont Athos (3): Randonnée vers le monastère de Simonopetra
J’ai ma deuxième déception en arrivant à la “gare routière” de Karyès. Le bus pour le monastère où je voulais passer ma deuxième nuit est parti depuis longtemps, la faute à la cérémonie de Théophanie à laquelle je suis resté. C’est le plus connu, touristiquement, des monastères de la péninsule, et je n’ai pas de réservation.
Je décide de tenter ma chance: je monte dans un minibus pour Dafni, et de là je marche en suivant le rivage, car je n’ai pas de plan. Dans mon sac j’ai un demi-pain, que j’ai acheté en prévision à Salonique et qui tient étonnamment bien la route. A raison de deux heures de marche je compte arriver largement avant le coucher du soleil, où les monastères ferment leurs portes.
Le chemin, qui suit la côte, est une splendeur. Je vois à des milles sur la mer calme, le ciel est d’un azur intense, je serpente en suivant les caps et les criques, au flanc d’une côté toujours abrupte. Je grignote un morceau de pain pour me donner du courage et je marche dans le silence radieux.
Je décide de tenter ma chance: je monte dans un minibus pour Dafni, et de là je marche en suivant le rivage, car je n’ai pas de plan. Dans mon sac j’ai un demi-pain, que j’ai acheté en prévision à Salonique et qui tient étonnamment bien la route. A raison de deux heures de marche je compte arriver largement avant le coucher du soleil, où les monastères ferment leurs portes.
Le chemin, qui suit la côte, est une splendeur. Je vois à des milles sur la mer calme, le ciel est d’un azur intense, je serpente en suivant les caps et les criques, au flanc d’une côté toujours abrupte. Je grignote un morceau de pain pour me donner du courage et je marche dans le silence radieux.
jeudi 1 mars 2012
samedi 25 février 2012
Sept vues du Mont Saint-Michel
dimanche 19 février 2012
mercredi 15 février 2012
Mont Athos (2): Prière nocture, café grec et baignade matinale
Deux heures du matin, le soleil s’est couché il y a huit heures, mon réveil sonne, j’émerge, je me lève, je passe un peu d’eau froide sur mes yeux aux cils collés, je descends le grand escalier et je sors dans la cour intérieure du monastère.
A cette heure où tout dort, les hauts murs de pierre et le clocher peint d’un rouge vif sont baignés de la clarté de la lune, légère et surprise comme une esquisse au crayon. Je frissonne de l’air glacial et je me presse vers l’église. Le silence semble avaler l’écho de mes pas. Je croise des ombres aussi, qui vont à l’office ou qui en viennent, et glissent hors d’atteinte, et quand la porte de l’église est ouverte on entend le chant des moines.
Je suis arrivé là la veille, en début d’après-midi. Je suis descendu du ferry à Daphni, je suis monté dans un minibus pour Karyès, la capitale administrative, au centre de la péninsule, qui sert de “hub”. J’ai ensuite manqué le minibus pour la Magna Lavra, où je voulais passer la nuit, car personne ici ne parle anglais. Puis, en attendant, j’ai baragouiné du grec et de l’anglais avec un pèlerin, et je l’ai suivi dans un minibus. Je suis descendu, une demi-heure plus tard, dans le cadre grandiose du monastère d’Iviron: une forteresse bariolée dans son écrin de montagnes, entouré de quelques champs de blé, face à la mer immense.
A cette heure où tout dort, les hauts murs de pierre et le clocher peint d’un rouge vif sont baignés de la clarté de la lune, légère et surprise comme une esquisse au crayon. Je frissonne de l’air glacial et je me presse vers l’église. Le silence semble avaler l’écho de mes pas. Je croise des ombres aussi, qui vont à l’office ou qui en viennent, et glissent hors d’atteinte, et quand la porte de l’église est ouverte on entend le chant des moines.
Je suis arrivé là la veille, en début d’après-midi. Je suis descendu du ferry à Daphni, je suis monté dans un minibus pour Karyès, la capitale administrative, au centre de la péninsule, qui sert de “hub”. J’ai ensuite manqué le minibus pour la Magna Lavra, où je voulais passer la nuit, car personne ici ne parle anglais. Puis, en attendant, j’ai baragouiné du grec et de l’anglais avec un pèlerin, et je l’ai suivi dans un minibus. Je suis descendu, une demi-heure plus tard, dans le cadre grandiose du monastère d’Iviron: une forteresse bariolée dans son écrin de montagnes, entouré de quelques champs de blé, face à la mer immense.
dimanche 12 février 2012
Mont Athos (1): Des moines, des montagnes et des poules
Seuls les dieux immortels peuvent dire depuis combien de siècles le mont Athos entombe le géant vaincu dont il éternise le nom: c'est l'un des trois doigts de la Chalcidique (au Nord-Est de la Grèce) qui s'avance comme une main dans la mer Egée - péninsule abrupte, soixante kilomètres sur dix, qui culmine à 2000 mètres. Les Grecs l’appellent 'Agion 'Oros, la montagne sacrée.
Chaque jour, cent pèlerins orthodoxes et dix mécréants comme moi y sont admis. Les monastères offrent le gîte et le couvert, les pèlerins vont d'un monastère à l'autre.
Les femmes ne sont pas admises, ce qui n’a pas manqué de susciter la juste indignation des institutions européennes. Pas moins de 27 litres d’encre et 423 crayons de papier ont été nécessaires pour rédiger les 1327 circulaires et 246 directives qui dénoncent l’incompatibilité de cette règle de l'abaton avec le règlement 1959-236-A, alinéa 2.
Que les poules et les chattes se réjouissent, cependant, car elles ne sont pas concernées par l’interdiction, les ovules des premières entrant dans la composition des tempera pour icônes et les secondes assurant la perpétuation de la race des chasse-souris. On ne saurait trop suggérer aux femmes de ressource de s’habiller en poules de luxe pour braver cette règle à l’obscurantisme rétrograde.
Chaque jour, cent pèlerins orthodoxes et dix mécréants comme moi y sont admis. Les monastères offrent le gîte et le couvert, les pèlerins vont d'un monastère à l'autre.
Les femmes ne sont pas admises, ce qui n’a pas manqué de susciter la juste indignation des institutions européennes. Pas moins de 27 litres d’encre et 423 crayons de papier ont été nécessaires pour rédiger les 1327 circulaires et 246 directives qui dénoncent l’incompatibilité de cette règle de l'abaton avec le règlement 1959-236-A, alinéa 2.
Que les poules et les chattes se réjouissent, cependant, car elles ne sont pas concernées par l’interdiction, les ovules des premières entrant dans la composition des tempera pour icônes et les secondes assurant la perpétuation de la race des chasse-souris. On ne saurait trop suggérer aux femmes de ressource de s’habiller en poules de luxe pour braver cette règle à l’obscurantisme rétrograde.
jeudi 9 février 2012
Poème de Bretagne
Je songe aux vents de ma Bretagne
A ses embruns lourds de sel
Aux voiles au loin qui mettent en panne
Au roc qui s'écartèle
L’État m'exile loin de toi
Sans savoir que tu es mienne
Loin de toi je pense à toi
Dans ma charge régalienne
L'iode manque à mes poumons
Tes vents qui sifflent et me grisent
Roc à ma main sel à mes lèvres
- Ville triste ô ville grise
Or je n'ai pas de contrebande
A faire passer en felouques
Or je n'ai pas de malouinière
Pour y passer mes vieux jours
Un jour tu sais je ferai voile
Je ferai mon lit dans ta houle
A cette idée mon cœur tressaille
Et mon regard se porte au loin
A ses embruns lourds de sel
Aux voiles au loin qui mettent en panne
Au roc qui s'écartèle
L’État m'exile loin de toi
Sans savoir que tu es mienne
Loin de toi je pense à toi
Dans ma charge régalienne
L'iode manque à mes poumons
Tes vents qui sifflent et me grisent
Roc à ma main sel à mes lèvres
- Ville triste ô ville grise
Or je n'ai pas de contrebande
A faire passer en felouques
Or je n'ai pas de malouinière
Pour y passer mes vieux jours
Un jour tu sais je ferai voile
Je ferai mon lit dans ta houle
A cette idée mon cœur tressaille
Et mon regard se porte au loin
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